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3141 Sociologie de la justice

AISLF-CR03

Room: C4.01

 

Chair: Jean De Munck

Laurence Dumoulin | CNRS - PACTE Univ Grenoble Alpes

Le jugement juridictionnel en question : verdict, jugement et décision

 

Abstract

 

Qu’est-ce que juger ? Est-ce synonyme de décider ? On pressent bien que non, mais dans ce cas pourquoi ? Parce que les jugements prononcés par des juridictions seraient des types de décision spécifiques ? Si oui, comment se manifeste cette spécificité ? A travers la place du droit dans la fabrique et la mise en forme de la décision ? A travers la dimension liturgique du procès ? A travers ses temporalités propres ? Ne se manifeste-t-elle pas aussi en creux à travers la question de l’erreur judiciaire ?
Dans le cadre de cette communication, je me propose de présenter quelques éléments de réflexion tirés d’un travail d’Habilitation à diriger des recherches actuellement en cours. Cette recherche ne comporte pas d’enquête empirique nouvelle à ce stade ; elle consiste en une réflexion passant par un état de l’art et par une relecture des terrains déjà investigués dans de précédentes recherches. 
La communication portera sur la question du jugement juridictionnel qu’elle abordera à travers un tour d’horizon de la littérature internationale, d’autant plus utile que la littérature, volumineuse, renvoyant à différentes traditions disciplinaires et sous-disciplinaires bien constituées, est dans l’ensemble peu connue dans le monde francophone et plus encore en France, à quelques exceptions près. Par ailleurs les recherches francophones même si elles n’ont pas constitué un champ de recherche bien balisé sur le jugement, à l’instar par exemple des sentencing studies sur le versant pénal, ont effectivement contribué à alimenter une connaissance des mécanismes décisionnels en contexte de justice. 
Au-delà de leur grand intérêt et de leur richesse, ces travaux ont tendance à considérer le jugement juridictionnel principalement à partir de problématiques centrées autour des formes de justice institutionnelle. Le risque en est de l’isoler artificiellement et de perdre de vue ce qu’il partage avec d’autres formes et figures de jugement, en particulier le jugement ordinaire et le jugement politique. Mon travail vise à mettre en relation ces différentes formes de façon à ce que l’objet jugement juridictionnel en sorte un peu reconfiguré à un moment où les enjeux qu’il cristallise sont cruciaux sur un plan à la fois scientifique et politique (judiciarisation du politique ; montée en puissance de l’intelligence artificielle et de la justice prédictive ; enjeux d’une standardisation des jugements dans le cadre de contentieux de masse et d’une logique gestionnaire prégnante). 

Cristina Ferreira | Haute Ecole de santé Vaud (HESAV)

Ludovic Maugué | Haute école de santé Vaud (HESAV)

Les justices de paix et la protection des droits des adultes vulnérables en Suisse

 

Abstract

 

En Suisse, l’attention prêtée à la protection des droits des personnes concernées par des mesures de contrainte (curatelles et placements à des fins d’assistance) a connu des avancées législatives avec la refonte profonde en 2013 du droit de la tutelle. C’est aussi dans ce contexte que les justices de paix, autorités tutélaires dans le canton de Vaud où nous menons une étude sociohistorique, se sont professionnalisées. Exercée pendant des décennies par des juges laïcs sans formation juridique, la justice de paix est aujourd’hui du seul ressort de professionnels dûment formés en droit.
Nous appuyant sur des archives institutionnelles et des entretiens réalisés avec des anciens et des nouveaux juges de paix, notre contribution vise à décrire les mutations dans la réflexivité de ces acteurs au sujet des mesures de contrainte. Si leurs profils sociologiques et les conditions matérielles de leur pratique se sont radicalement modifiées, une certaine continuité est perceptible dans les façons de concevoir les problèmes des justiciables dont les situations parfois dramatiques retentissent sur la sensibilité des juges. Jadis comme aujourd’hui, inconfortables vis-à-vis de la maladie psychiatrique, les magistrats entendent laisser au corps médical l’essentiel des décisions en circonscrivant leur rôle à la protection des droits procéduraux, dont le droit d’être entendu. Dans leurs juridictions, ils n’exercent pas moins une influence dans leur capacité à tenir ensemble le respect des règles et les jeux qu’elles autorisent. C’est ainsi qu’aux marges du cadre fixé par la législation, une place est faite à la culture locale de la régulation des litiges qui fait la part belle à l’humanisation des procédures et à la réduction de la violence qu’une atteinte aux libertés individuelles représente.

Julie Paquin | University of Ottawa

Emmanuelle Bernheim | Université du Québec à Montréal

Access to justice in Quebec: A comparative inquiry into the non-use of law in four legal areas

 

Abstract

 

During the last 30 years, the notarial profession in Quebec has faced important challenges, including increased competition from new entrants in the market for legal services (most notably the insurance and banking sector). Formerly considered important members of the Quebec francophone elite, Quebec notaries now experience lower levels of earnings than lawyers for higher levels of investment in professional training. According to recent surveys, a majority of notaries are now dissatisfied with their levels of remuneration. Concerns are also increasingly expressed about the « loss of prestige » of the profession in society.
Even as this crisis of notariat developed in the 1990s and 2000s, the profession has witnessed an important increase in the proportion of women among its members. From around 40% in the 1990s, the proportion of women among notaries increased to more than 60% in 2015. This process of feminization has been both more rapid and more intense than in any other professions in Quebec and Canada, and is expected to continue in the coming years, with the proportion of women currently reaching 75% among notaires with less than 20 years of practice, and more than 80% among students of notarial law.
The factors accounting for the gender imbalance existing in notarial law practice compared to other streams of the legal profession remains unexplored. Since the decision to become a notary or enter other streams of the legal profession is made by law students in the course of the law studies and before they enter the legal job market, it may be hypothesized to derive primarily from ‘supply-side’ factors – i.e. differences in preferences that make notarial practice more attractive to women than to men. In view of the difficult economic conditions that have prevailed for some time in the market for notarial services (it is easy to understand why men are not as attracted to notariat as they used to be, but much harder to figure out the reasons why, in the same context, women still opt for a career in notarial law.
A research project currently in progress aims at studying this issue, by examining the reasons accounting for the gender imbalance found among notarial law students. The presentation will provide an introduction to the project and a description of some preliminary results obtained from interviews with students.

Faiza Kadri | Université du Québec à Montréal

Andreea Popescu | NA

Legal Education: A mirage of the empowered citizen or the antechamber for fulfilled citizens to be?

 

Abstract

 

All Quebec (Canada) citizens know or at least are expected to know that ʺNo one is deemed ignorant of the Lawʺ. But to know the Law, one should be able to know what the Law is and to understand it. Therefore, is it possible to envision a fulfilled citizen outside her/his relationship to the law? It is this relationship that we shall scrutinize as it focuses on the connection between the State (in its legislative and judiciary roles) and its citizens. Bearer of legal rights and obligations, citizens are seeking legal information or advice from non-governmental entities such as legal clinics, websites containing general legal information, and through legal insurance plans services. Are these resources enough for the citizen to efficiently and deftly challenge in the long run the State as well as non-governmental entities within a power relationship context between rulers and subjects? How do these resources envision the ''citizen'', and how does it influence the way they conceive and offer access to Law? This will bring us, in particular, to address the difference between ''legal education'' and ''legal information''.
As lawyers and advocates who consider the practice of Law as a social and civil engagement, we shall cast a critical eye on the content of the legal information available to the public and the type of actors involved in order to determine if the said content truly brings any added value to the citizen’s legal empowerment process. If so, how does this reflect in the State's relationship to the citizen, and If not , then what is to be done to achieve that goal? We also question the contribution of the legal profession and bar associations, in Canada, concerned in the legal education as a matter of access to justice.

Laurence Dumoulin | CNRS-PACTE, Univ. Grenoble Alpes

Cécile Vigour | CNRS, Sciences Po Bordeaux, Centre Emile Durkheim

Les rapports au droit et à la justice de citoyens Français. Les apports d’une approche à partir d’entretiens collectifs

 

Abstract

 

Parmi les courants de recherche qui traitent des rapports que les individus entretiennent avec le droit et la justice, les legal consciousness studies ont suscité une importante littérature chez les auteurs américains (Mc Cann 1994 ; Merry 1990; Ewick & Silbey, 1998 ; Sarat 1990) et en Europe (Cowan, 2004; Hertogh, 2004 Kurkchiyan, 2011 ; Halliday & Kitzinger, 2015), plus timidement en France (Israël & Pelisse, 2004 ; Pélisse, 2004, 2005 ; Kourilsky-Augeven, 1997, 2009 ; N’Diaye, 2016). P. Ewick et S. Silbey (1998) identifient trois types de rapports au droit dans les expériences du quotidien : la conformité face au droit, les arrangements avec le droit et les résistances contre celui-ci. Des auteurs ont confirmé l’intérêt de cette typologie tout en montrant la nécessité d’articuler les rapports ordinaires au droit à des domaines du droit (Engel & Munger, 2003), à des groupes sociaux (Boittin, 2013; Cowan, 2004; Nielsen, 2000; Levine & Mellema, 2001), et à des cultures juridiques et politiques spécifiques (Hertogh & Kurkchiyan, 2016; Kurkchiyan, 2011). D’autres chercheurs ont complété la typologie de P. Ewik et S. Silbey (Halliday & Morgan, 2013) et ont testé empiriquement la pertinence d’une catégorie supplémentaire (Halliday & Kitzinger, 2015).
Dans quelle mesure ces idéaux-types sont-ils pertinents pour analyser des récits d’expérience élaborés en d’autres contextes sociaux, juridiques et culturels que ceux initialement présents dans l’enquête de P.Ewick et S.Silbey ? Qu’advient-il de ces modèles lorsque les individus ne sont pas en face-à-face avec le chercheur, mais qu’ils s’expriment en petit groupe ? Comment les contextes d’énonciation pèsent-ils sur la production des jugements et quelle plus-value éventuelle les focus groups apportent-ils ? Enfin, lorsque les échanges portent aussi sur les expériences du système judiciaire, en quoi les rapports au droit en sont-ils affectés ?
Dans cette communication, nous nous proposons de présenter les résultats d’une recherche réalisée auprès de citoyens français, à parti d’entretiens collectifs (n=17 ; 80 citoyens). L’exploitation de ceux-ci permet de montrer qu’ils constituent une fenêtre qui offre un autre point de vue sur la façon dont l’individuel et le collectif s’articulent autour des rapports au droit. La présence du collectif n’est pas seulement le produit de structures ou d’une culture. Elle peut aussi se matérialiser à travers la présence des autres participants au groupe et les interactions avec eux.

 

 

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